Ranger ses toiles est souvent un sujet que l’on repousse… jusqu’au jour où l’on abîme une œuvre. Empiler les toiles à l’horizontale est risqué : frottements, marques, angles qui s’impriment, toiles qui se percent. Les ranger à la verticale façon « rang d’oignons » n’est pas beaucoup mieux, surtout lorsque les formats varient. Quant aux solutions du commerce, elles sont soit rares, soit peu accessibles, soit mal adaptées aux ateliers d’artistes.
Comme beaucoup, j’ai donc commencé par bricoler mes propres solutions.
Au départ, j’avais besoin d’une solution rapide, économique et facile à mettre en place. L’idée était de créer des intercalaires verticaux pour éviter que les toiles ne se touchent entre elles.
La ficelle va servir à créer des séparations verticales entre les deux planches, dans lesquelles les toiles viendront s’appuyer.
Deux options sont possibles :
Il suffit de faire des tours de ficelle autour des planches, environ tous les 5 cm (à adapter selon l’épaisseur de vos châssis – je travaille sur châssis épais).
⚠️ Important : dans ce cas, il faut impérativement visser solidement les planches aux équerres ou crémaillères. Si les planches bougent, la ficelle se détend rapidement… et tout finit en sac de nœuds.

Elle consiste à percer de petits trous dans les étagères tous les 5 cm pour y faire passer la ficelle.
👉 Cette méthode empêche la corde de se déplacer et garantit un résultat bien plus durable dans le temps.
Personnellement, je suis assez vite arrivée aux limites de ce système.
D’une part, j’avais opté pour la version rapide, donc moins robuste.
D’autre part, mes contraintes d’espace et surtout mon travail sur de grands formats rendaient ce rangement peu adapté sur la durée.
C’est de là qu’est née l’idée d’un second modèle, plus abouti, pensé pour durer.
Cette fois, l’objectif était clair :
👉 un rangement solide, durable, modulable et adapté aux grands formats.
Budget total, environ 140 €
Les tubes IRL ont plusieurs avantages :
Le principe reste proche de la solution précédente, mais en remplaçant la corde par des tubes rigides.
À l’intérieur du meuble :
Sur l’étagère du bas, j’ai percé uniquement sur une demi-épaisseur afin que le tube repose sans pouvoir tomber.
J’ai choisi un espacement légèrement supérieur à 70 cm (je travaille beaucoup en 50 × 70). , à adapter selon vos formats.
⚠️ Attention : une fois les tubes en place, déplacer les étagères devient beaucoup plus compliqué car il y a 20 tubles qui frottent.
L’enfilage des tubes se fait du haut du placard en traversant chaque étagère successivement, rien de bien compliqué. Attention, si les trous sont trop fin, vous allez devoir forcer.
💡 Astuces :
Une fois tous les tubes en place, il ne reste plus qu’à redresser le meuble.

Aujourd’hui, dans mon atelier de peinture, ce type de rangement fait pleinement partie de mon quotidien d’artiste. Il m’a permis de sécuriser mes toiles, de gagner en confort de travail et surtout de me libérer l’esprit pour me concentrer sur l’essentiel : créer.
Quand on débute, on pense souvent d’abord aux outils, aux peintures, aux supports… mais l’organisation de l’atelier est tout aussi essentielle. Un rangement à toiles bien pensé évite bien des accidents et accompagne naturellement l’évolution de la pratique artistique.
Ces solutions DIY ne sont bien sûr pas universelles, mais elles peuvent être une bonne base de réflexion pour tous les artistes qui, comme moi, ont commencé avec peu de place et beaucoup de toiles. Chaque atelier se construit avec le temps, les contraintes… et l’expérience.